ANI - Le ministère d'État chargé de la Technologie et de l'Intelligence artificielle et le Conseil de la fonction publique (CFP), en coopération avec Microsoft, ont organisé une session de formation destinée aux directeurs généraux et aux hauts responsables de l'administration publique, consacrée aux « Défis du leadership à l'ère de l'intelligence artificielle ».
La rencontre, tenue au siège du Conseil de la fonction publique, s'est déroulée en présence du ministre des Déplacés et ministre d'État chargé de la Technologie et de l'Intelligence artificielle, Kamal Chehadé, de la présidente du CFP, Nisrine Machmouchi, du président de l'Inspection centrale, le juge Georges Attieh, du directeur général du ministère de l'Information, Hassan Falha, ainsi que de directeurs généraux, de responsables d'établissements publics et de représentants d'organismes de régulation.
Dans son allocution, Mme Machmouchi a souligné que l'intelligence artificielle ne constituait pas uniquement une évolution technologique, mais représentait avant tout un défi de gouvernance, d'éthique et de stratégie.
Elle a estimé que si l'IA est capable d'analyser rapidement des données, d'évaluer des scénarios et de proposer des décisions, elle demeure incapable de remplacer le discernement humain, la responsabilité ou la prise en compte des valeurs fondamentales telles que la justice, la dignité humaine et l'obligation de rendre des comptes.
La présidente du Conseil a rappelé que la transformation numérique est devenue un levier essentiel de la réforme administrative, permettant d'améliorer les services publics, d'accélérer les procédures, d'optimiser l'utilisation des ressources, de renforcer la transparence et de lutter contre la corruption.
Elle a annoncé que cette coopération contribuerait au développement de la plateforme « Numu » et au lancement de nouveaux cycles de formation, invitant les ministères à désigner des coordinateurs chargés de suivre la participation des fonctionnaires et d'évaluer les progrès accomplis.
Mme Machmouchi a également insisté sur la nécessité d'établir un cadre réglementaire clair avant toute généralisation des outils d'intelligence artificielle dans les administrations publiques. Elle a plaidé pour des normes précises encadrant la sécurité des données, la souveraineté numérique, l'utilisation des services infonuagiques (cloud), la protection de la vie privée, les droits d'accès aux données ainsi que les responsabilités juridiques en cas de violation.
Prenant la parole, le ministre Chehadé a indiqué que cette initiative s'inscrivait dans le cadre du projet de « République numérique » porté par le président de la République, Joseph Aoun, et visait à accélérer l'intégration des nouvelles technologies au sein de l'administration libanaise.
Il a révélé que plus de 15.000 Libanais se sont déjà inscrits sur la plateforme « Numu », qui offre des formations professionnelles et des certifications délivrées par Microsoft, Oracle, SAP, Amazon Web Services et d'autres entreprises technologiques internationales, contre une moyenne annuelle de seulement 1.000 à 1.500 bénéficiaires auparavant.
Le ministre a appelé l'ensemble des administrations à repenser leurs services publics, à constituer des bases de données fiables, à numériser les archives papier et à intégrer les technologies numériques, l'intelligence artificielle, la cybersécurité et la protection des données dans les budgets de 2027.
Il a également indiqué qu'un projet de loi relatif à la protection des données personnelles avait été transmis au ministère de la Justice afin d'être harmonisé avec les normes européennes.
De son côté, le directeur exécutif de ForwardMENA, Marwan Atallah, a précisé que l'académie de l'entreprise a touché plus de 500.000 personnes depuis 2023, formé plus de 23.000 participants et contribué à l'insertion professionnelle de plus de 440 d'entre eux.
Enfin, Mme Moussa a expliqué que l'adoption de l'intelligence artificielle dans les administrations évolue progressivement, depuis les assistants intelligents jusqu'aux agents spécialisés, avant d'aboutir à des systèmes pilotés par les agents publics, tout en soulignant que la décision finale doit toujours demeurer entre les mains de l'être humain.