NNA 07/01/2026

NNA - L'Organisation internationale du Travail tient son premier dialogue national tripartite au Liban

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ANI – L'Organisation internationale du Travail  (OIT) a organisé à Beyrouth le premier dialogue national tripartite consacré à la protection des travailleurs, au redressement des entreprises et au renforcement de la résilience de l'économie libanaise. Cette initiative, une première dans le contexte de la crise actuelle, s'est tenue en présence du ministre du Travail, Mohammad Haidar, de la directrice régionale de l'OIT pour les États arabes, Ruba Jaradat, du coordinateur résident et coordonnateur humanitaire des Nations unies au Liban, Imran Riza, ainsi que de représentants des ministères, des institutions publiques, des organisations d'employeurs et de travailleurs, des Nations unies et de partenaires du développement.

 

Selon un communiqué de l'OIT, cette rencontre s'inscrit dans le cadre de la réponse de l'organisation aux répercussions de la récente escalade sur le marché du travail et l'économie libanaise. Elle visait à identifier des mesures concrètes pour favoriser la reprise économique, protéger les emplois et les moyens de subsistance, assurer la continuité des entreprises et renforcer la résilience des trois composantes du marché du travail : l'État, les employeurs et les travailleurs.

 

Les participants ont examiné les effets de la crise sur les entreprises et les salariés, notamment les interruptions d'activité, les pertes d'emplois, la baisse des revenus, l'expansion du travail informel, les insuffisances de la protection sociale ainsi que les difficultés d'accès au financement, à l'énergie et aux marchés. Les discussions ont également porté sur les politiques publiques et les mesures nécessaires pour soutenir le redressement des entreprises, préserver l'emploi, renforcer la protection sociale, garantir les droits des travailleurs, encourager le recours aux entreprises et fournisseurs locaux dans les programmes de réponse et de reconstruction, et mieux articuler l'aide humanitaire avec la relance économique.

 

Mohammad Haidar : préserver l'emploi et soutenir les entreprises

Le ministre du Travail, Mohammad Haidar, a souligné que « la protection des travailleurs et le soutien aux entreprises sont deux priorités indissociables dans cette phase délicate ».

« Préserver les emplois, garantir les droits des travailleurs et faciliter la poursuite de la production constituent les fondements de toute reprise économique et sociale durable », a-t-il déclaré, réaffirmant l'engagement de son ministère à renforcer le dialogue avec les employeurs, les travailleurs et les partenaires internationaux afin d'élaborer des solutions nationales réalistes pour protéger les Libanais et renforcer la résilience de l'économie.

 

Imran Riza : protéger à la fois les personnes et les entreprises

Pour sa part, Imran Riza a estimé que la crise actuelle impose de protéger simultanément la population, les moyens de subsistance et les institutions nationales.

« Les civils, les travailleurs et les premiers intervenants ont besoin de protection. Les familles ont besoin de revenus, tandis que les entreprises doivent pouvoir poursuivre leurs activités. La reprise ne commence pas seulement après la fin de la crise ; elle commence dès aujourd'hui, en protégeant les moyens de subsistance et les systèmes dont dépendent les populations », a-t-il déclaré.


 

Ruba Jaradat : le Liban dispose d'atouts pour rebondir

La directrice régionale de l'OIT, Ruba Jaradat, a estimé que le Liban possède d'importants atouts pour relancer son économie, notamment une main-d'œuvre qualifiée, un secteur privé entreprenant et des partenaires sociaux disposés à coopérer.

Elle a assuré que l'OIT poursuivra son soutien au Liban à travers des programmes de protection sociale, de création d'emplois, de développement des infrastructures, de formation professionnelle, d'appui aux entreprises ainsi qu'aux petites et moyennes entreprises (PME), afin de préserver les emplois, restaurer les revenus et transformer la réponse à la crise en une reprise plus inclusive et durable.

 

Employeurs et syndicats plaident pour une reprise équilibrée

Les représentants des employeurs et des travailleurs ont insisté sur le fait que la protection des salariés et la pérennité des entreprises doivent avancer de concert.

Le président de l'Association des industriels libanais, Salim Zeeni, a déclaré que « la reprise économique commence par la capacité des entreprises à poursuivre leur activité, produire et préserver les emplois ». Il a estimé que le secteur privé libanais reste capable de créer des emplois, à condition de bénéficier d'un environnement stable, d'un financement accessible, d'un approvisionnement énergétique fiable et d'un meilleur accès aux marchés.

Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar, a souligné que les travailleurs subissent une forte pression en raison de la baisse des revenus, des retards de paiement des salaires, des pertes d'emplois et de l'essor du travail informel. Il a appelé à renforcer la protection sociale et à éviter que les salariés ne supportent seuls le coût de la crise.

De son côté, le président de la Fédération nationale des syndicats des ouvriers et employés du Liban, Castro Abdallah, a insisté sur la nécessité de protéger en priorité les travailleurs les plus vulnérables, notamment ceux du secteur informel, les personnes déplacées, les travailleurs migrants et les catégories les plus fragiles. Il a plaidé pour des mesures garantissant les revenus, la sécurité au travail, le droit à la syndicalisation et à la négociation collective, ainsi que la lutte contre l'exploitation, le travail des enfants et le travail forcé.

 

Des recommandations pour orienter les politiques publiques

Selon l'OIT, les conclusions de ce dialogue serviront de base à l'élaboration de priorités communes en matière de protection de l'emploi, de soutien aux entreprises et de renforcement de la résilience économique et sociale. Les recommandations seront publiées sur le site de l'organisation.

L'OIT rappelle enfin que, dans le cadre de sa réponse à la crise, elle travaille avec ses partenaires nationaux et internationaux pour promouvoir l'emploi décent, renforcer la protection sociale et soutenir une reprise économique durable. Ses interventions portent notamment sur l'aide aux travailleurs affectés et déplacés, l'élargissement de la couverture sociale des populations les plus vulnérables, l'adaptation des programmes de formation et d'emploi aux besoins d'urgence, le soutien aux PME, le développement des moyens de subsistance agricoles, la prévention du travail des enfants et la mise en œuvre de projets à forte intensité de main-d'œuvre destinés à créer des revenus tout en améliorant les services dans les communautés touchées.