ANI - La coordonnatrice spéciale des Nations unies au Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a estimé que le pays se trouvait encore récemment dans une situation relativement positive avant la brusque escalade de la violence.
Dans un communiqué, elle a rappelé que le Liban était, la semaine dernière, « dans une position relativement favorable », soulignant que les forces armées libanaises soutenaient le renforcement de l’autorité de l’État, tandis que les préparatifs des élections législatives avançaient activement. Elle a également évoqué l’entrée en vigueur de réformes attendues depuis longtemps ainsi qu’un prêt de la Banque mondiale sur le point de lancer le processus de reconstruction. Parallèlement, la consolidation des relations entre le Liban et la Syrie ouvrait, selon elle, de nouvelles perspectives de coopération bilatérale.
Elle a toutefois reconnu que la situation n’était pas idéale, notant que les frappes aériennes se poursuivaient et que les tensions politiques internes ainsi que la paralysie institutionnelle faisaient partie du quotidien libanais. « Malgré cela, des progrès étaient en cours », a-t-elle indiqué, ajoutant que ce progrès s’était désormais « brusquement et brutalement interrompu ».
Selon la responsable onusienne, le pays a été replongé dans l’instabilité et la violence aux premières heures de lundi. Des habitants qui venaient à peine de regagner leurs maisons se retrouvent à nouveau déplacés, dans un climat marqué par l’incrédulité, la frustration et la colère, alors que les discours se radicalisent, que les ordres d’évacuation se multiplient et que les frappes directes se poursuivent.
Mme Hennis-Plasschaert a averti que, comme l’ont montré les conflits précédents, les opérations militaires en cours ne garantiront « aucune victoire durable » à aucune des parties, mais risquent au contraire d’aggraver l’instabilité et d’accroître les souffrances des populations. Elle a regretté que les appels répétés à un arrêt immédiat des hostilités soient restés sans effet, étouffés par la rhétorique belliqueuse et la poursuite des bombardements.
Elle a rappelé que la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU demeure, depuis son adoption en 2006, le cadre international reconnu pour mettre fin aux cycles de violence qui ont affecté pendant des décennies les populations libanaises et israéliennes. Elle a cependant souligné que son application avait été partielle et entravée par un manque de confiance mutuelle.
Face à une situation qu’elle juge susceptible de se détériorer davantage, elle a appelé à une cessation des hostilités et estimé que les discussions entre le Liban et Israël pourraient constituer un tournant nécessaire pour éviter que les générations futures ne soient confrontées aux mêmes cycles de violence.
« Le choix est clair : soit rester sur la voie de la mort et de la destruction, soit faire preuve de retenue et s’engager dans le dialogue », a-t-elle affirmé, soulignant que des solutions durables restent possibles et à portée de main.