ANI - Le gouvernement libanais, à travers le ministère des Affaires sociales et en coopération avec le Programme alimentaire mondial (PAM), a lancé un programme d’aide financière d’urgence destiné aux familles affectées par le conflit, parallèlement à l’élargissement de l’aide alimentaire face à l’augmentation des déplacements massifs à travers le pays.
Selon un communiqué du PAM, une première phase d’assistance en espèces devrait bénéficier à près de 50.000 familles touchées par les violences, soit environ 183.000 personnes, afin de les aider à couvrir leurs besoins les plus urgents.
Les personnes et familles affectées par la crise qui ne sont pas encore enregistrées dans les systèmes d’aide existants pourront également soumettre leurs données via une plateforme d’inscription mise en place par le gouvernement. Le lien d’enregistrement sera annoncé prochainement par les canaux officiels.
Le communiqué précise que ce mécanisme, déjà utilisé par les autorités libanaises et renforcé grâce au soutien technique du Programme alimentaire mondial, permettra d’acheminer rapidement l’aide vers les ménages les plus vulnérables en période de crise. L’activation de ces aides financières intervient dans un contexte d’escalade des hostilités au Liban, afin de permettre aux familles de répondre à leurs besoins alimentaires immédiats tout en cherchant à se mettre à l’abri.
Le texte souligne également que le Liban faisait déjà face, avant la récente escalade, à des années de crises successives, notamment l’effondrement économique et les conséquences persistantes de conflits antérieurs. Selon la dernière analyse sur la sécurité alimentaire, environ 874.000 personnes souffraient déjà d’une insécurité alimentaire aiguë, un chiffre appelé à augmenter, rendant de nombreuses familles particulièrement vulnérables à de nouveaux chocs.
Parallèlement à l’activation de l’aide financière d’urgence, le PAM poursuit son soutien aux populations déplacées. Quelques heures après l’ouverture des centres d’hébergement, l’organisation a commencé à distribuer des repas chauds, des rations alimentaires prêtes à consommer et du pain. Depuis le début de l’escalade lundi, près de 40.000 personnes ont déjà été aidées, en coordination avec les autorités nationales et les partenaires humanitaires.
La représentante du PAM et directrice par intérim au Liban, Anne Valand, a déclaré que « cette escalade intervient à un moment où de nombreuses familles vivaient déjà dans des conditions difficiles et précaires ». Elle a ajouté que l’activation du filet national de protection sociale, combinée à l’aide alimentaire d’urgence, permettra d’apporter rapidement un soutien aux familles pour couvrir leurs besoins essentiels durant cette période critique.
Les aides financières seront distribuées à travers le système national de protection sociale du gouvernement, afin d’assurer une réponse rapide aux ménages touchés par la crise.
La ministre des Affaires sociales, Hanine Sayyed, a pour sa part souligné que « face à l’augmentation rapide des besoins et à l’extension des déplacements dans tout le pays, la priorité est de garantir que les familles puissent répondre rapidement et dignement à leurs besoins les plus urgents ». Elle a précisé que le ministère avait activé le mécanisme gouvernemental de protection sociale réactive aux chocs afin de fournir des aides financières d’urgence aux familles affectées par le conflit, en coordination étroite avec le PAM et les autorités nationales concernées.
Le PAM poursuit par ailleurs sa coordination avec le gouvernement libanais et les organismes nationaux chargés de la gestion des crises afin de soutenir les populations affectées. L’organisation a également prépositionné des stocks de denrées alimentaires dans le pays et se dit prête à élargir ses opérations en fonction de l’évolution des besoins humanitaires.
Le PAM est la plus grande organisation humanitaire au monde. Il intervient pour sauver des vies en situation d’urgence et utilise l’aide alimentaire pour favoriser le retour à la paix, à la stabilité et à la prospérité des populations touchées par les conflits, les catastrophes et les effets du changement climatique.